« Le RSA nécessite un accompagnement de qualité et nous devons encore progresser »
24/06/2022
Troisième séminaire thématique pour les Assises des solidarités de l’Eure.
Après l’enfance, l’autonomie et le logement, cette journée est consacrée à l’insertion et à la lutte contre la pauvreté.
Les intervenants sont réunis à Vernon, à l’ITII Normandie, sur le campus de l’Espace.
La matinée du vendredi 24 juin 2022 a été riche en informations et a mis en lumière toute la complexité du sujet de l’insertion, de l’accès au droit et de la pauvreté. Stéphanie Auger, vice-présidente du Département de l’Eure, a ouvert les débats en rappelant que cette démarche participative des Assises des Solidarités vise à poser une question essentielle : « Comment le Conseil départemental peut-il répondre aux enjeux d’insertion ? Nous devons éviter l’entrée et l’installation dans le RSA, ce qui implique un travail de prévention. Il faut également améliorer l’adéquation des profils des bénéficiaires avec les besoins des entreprises. Enfin, nous devons agir pour un retour rapide à l’emploi. Le RSA nécessite un accompagnement de qualité et nous devons encore progresser. Alors dites nous ce qui fonctionne ou pas. Nous sommes là pour vous écouter. On doit se repenser, aidez nous à le faire. »
Mobilité, illettrisme et illectronisme : trois freins majeurs
La matinée du vendredi 24 juin 2022 a été riche en informations et a mis en lumière toute la complexité du sujet de l’insertion, de l’accès au droit et de la pauvreté. Stéphanie Auger, vice-présidente du Département de l’Eure, a ouvert les débats en rappelant que cette démarche participative des Assises des Solidarités vise à poser une question essentielle : « Comment le Conseil départemental peut-il répondre aux enjeux d’insertion ? Nous devons éviter l’entrée et l’installation dans le RSA, ce qui implique un travail de prévention. Il faut également améliorer l’adéquation des profils des bénéficiaires avec les besoins des entreprises. Enfin, nous devons agir pour un retour rapide à l’emploi. Le RSA nécessite un accompagnement de qualité et nous devons encore progresser. Alors dites nous ce qui fonctionne ou pas. Nous sommes là pour vous écouter. On doit se repenser, aidez nous à le faire. »
Olivier Dussopt, ministre du Travail, s’est exprimé dans une vidéo.
Il rappelle le rôle essentiel de l’activité professionnelle pour retrouver un logement, une santé et une dignité.
👉 Voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=05XEc-GnzDA
Des bénéficiaires du RSA témoignent
Sophie et Chanella étaient aux côtés de deux chefs d’entreprise pour témoigner de leurs parcours et apporter un éclairage concret sur la thématique de la première table ronde : « Tensions sur le marché du travail et besoins en emploi ». Toutes les deux accompagnées par la structure du Département, Job 27, elles ont suivis des formations et retrouver un emploi après plusieurs années de difficultés. Il a été notamment évoqué les problèmes de confiance en soi des bénéficiaires du RSA mais aussi les entraves concomitantes comme la garde des enfants, le respect des horaires de travail… Anne Terlez, vice-présidente du Département, en charge notamment de la lutte contre la pauvreté, a aussi souligné la nécessité, dans cette société toujours trop pressée, de se donner du temps pour arriver à lever les freins du retour à l’emploi.
Le sujet de l’insertion est immense et les spécifités territoriales très présentes. (…) Le RSA doit répondre à deux enjeux. Il doit lutter contre les pauvretés qu’elles soient matérielles, géographiques, sociales… (…) Le RSA est avant tout un filet républicain de sécurité qui fait que nous n’abandonnons personne. Il est aussi un instrument pour s’en sortir. Se pose alors la question de la place que l’on donne au travail. Il faut assumer que le travail est un outil d’émancipation. Il fait partie de la citoyenneté, de la déclaration des droits de l’homme, de la convention européenne, etc. (…) Il y a également un enjeu de simplification et de lisibilité de nos outils. Ils sont bons mais, même moi, je dois bien avouer que je m’y perds parfois. (…) Je me réjouis également qu’aujourd’hui soit réuni l’offre et la demande, c’est à dire le monde du social et de l’entreprise. L’un ne peut avancer sans l’autre. (…) Le non recours ou le paiement du RSA au juste droit est aussi un objectif depuis des années mais on a du mal à avancer. Quand on voit les chiffres(1), il y a encore un boulot important à accomplir. (…) Enfin, je tiens à parler de la contrepartie d’activité, sur la base du volontariat. Pas forcément le travail marchand, l’activité associative, caritative… est source de liberté. Aucun être humain ne peut être heureux dans une inactivité totale.
Sébastien Lecornu
Lutter contre le découragement
La seconde table ronde a permis d’échanger sur les solutions permettant de sortir de l’exclusion et du RSA. Muriel Moujard, directrice du Centre Interinstitutionnel de Bilan de Compétences, a rappelé la responsabilité collective. « Une multitude d’acteurs doit se mobiliser pour développer la capacité des bénéficiaires du RSA à agir. Qu’est qu’on fait pour qu’elle s’adapte au monde de l’entreprise ? On travaille sur trois axes : restaurer le sentiment de compétences des personnes, valoriser leurs ressources et ne pas voir que leurs difficultés ; restaurer le sentiment de contrôle (je fais une action qui va me permettre d’avancer), c’est à dire lutter contre le découragement ; et enfin mettre en place une analyse stratégique pour aider les personnes à prendre leur décision ». La question des outils, des ressources à disposition et de la lisibilité pour les acteurs a été largement évoquée. Jean-Claude Placiard, conseiller à l’ODAS, a souligné : « On ne se connait pas assez, on ne se parle pas suffisamment. Comment arriver, ensemble, à accompagner au mieux les bénéficier du RSA ? Il faut avoir une vision stratégique commune sur un même territoire. »
La journée se poursuit avec 13 ateliers thématiques et se terminera par une restitution en fin de journée.